Analyse des substances apparentées du misoprostol par SFC (Supercritical Fluid Chromatography)

Nous avons évalué l’intérêt de la Supercritical Fluid Chromatography (SFC) ou Chromatographie en Phase Supercritique (CPS) pour l’analyse des substances apparentées du misoprostol (Ph. Eur : 1731).
La SFC est une technique de séparation chromatographique où la phase mobile est un fluide porté à l’état supercritique ou subcritique. La phase stationnaire, contenue dans une colonne, peut être constituée de particules solides de granulométrie fine (silice ou graphite poreux par exemple), ou être chimiquement modifiée comme les phases utilisées en chromatographie liquide.

La monographie de la Pharmacopée Européenne du misoprostol a évolué en avril 2010 sur la recherche des substances apparentées : une méthode HPLC en phase inverse a été remplacée par une méthode en phase normale. Cette modification permet d’améliorer la résolution pour le 8-épi-misoprostol et les deux isomères de 12-épi misoprostol. Elle a, en revanche, dégradé la sensibilité de la méthode et limité ses possibilités de mise en œuvre sur des spécialités faiblement dosées en misoprostol.

Nous avons déjà publié des travaux (Post du 17.04.12  « Analyse des substances apparentées du misoprostol par UHPLC ») relatifs à l’utilisation d’une méthode par Chromatographie Liquide Ultra Haute Performance (UHPLC) qui avait permis d’apporter une solution intéressante en améliorant la sensibilité de la détection (x 60) par rapport à une technique HPLC en conservant une bonne résolution des pics.

Nous présentons ici les résultats de l’évaluation d’une technique en SFC avec un objectif identique.

Le développement de la méthode a été réalisé sur un système UPC2™ (Waters) à l’aide du logiciel d’optimisation Fusion™ (S-Matrix®). Nous avons ainsi étudié l’influence du greffage de la colonne (Silice, C18, Ethylpyridine et Fluorophényl), du gradient de phase mobile (CO2/Méthanol) et de la température de la colonne.

Le chromatogramme ci-dessous présente la séparation obtenue pour un mélange de misoprostol (2 isomères : pic 1 et pic 2), de 8-épi-misoprostol (imp A), de misoprostol de type A (imp C) et de misoprostol de type B (imp D).

Les performances de la méthode SFC sont comparées à celles obtenues en UHPLC

On peut observer sur le profil SFC (zoom A) une plus grande finesse des pics (x 10) et un rapport signal/bruit sur le pic de 12-épi-misoprostol (imp B) de 39 versus 23 pour la méthode UHPLC.

La limite de détection de la 12-épi-misoprostol (imp B) est donc inférieure en SFC. On peut également constater une diminution d’un facteur 3 des temps de rétention.
Par ailleurs, le critère de résolution imposé par la pharmacopée européenne entre le second pic de la 12-épi-misoprostol (imp B_pic 2) et le misoprostol pic 1 est également respecté. Cette séparation est illustrée par le zoom de la zone A.

Pour cette application, la technique de chromatographie en fluide supercritique apparaît donc plus performante que les techniques UHPLC en phase inverse et HPLC en phase normale du fait de l’amélioration simultanée de 3 paramètres : temps d’analyse, efficacité et sensibilité.

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