Etude du Lipiodol® par SFC (Supercritical Fluid Chromatography)

Photo UPC² de Waters

Cet article s’inscrit dans la série des travaux d’évaluation des possibilités techniques de l’appareil de chromatographie en phase supercritique ou SFC (Supercritical Fluid Chromatography) UPC2™ (Waters). Nous présentons ici les résultats obtenus sur le Lipiodol®, spécialité pharmaceutique commercialisée par les laboratoires Guerbet.

Le Lipiodol® est un mélange complexe d’acides gras (obtenus à partir Photo Lipidold’huile d’œillette1) iodés. Son utilisation en tant que produit de contraste pour la radiologie a débuté en 1921 avec les travaux de J.A. Sicard et J. Forestier qui découvrent la myélographie2.
De nos jours, le Lipiodol® est plutôt utilisé en radiologie interventionnelle pour l’embolisation, en chimio-embolisation lipiodolée et pour l’opacification du foie en scanner. C’est actuellement la seule huile iodée injectable disponible sur le marché.

Nous avons développé une méthode en étudiant le greffage de la colonne (Silice, Ethylpyridine et Fluorophényl),  la nature du co-solvant (acétonitrile ou méthanol), le gradient de phase mobile (co-solvant/CO2) et la température de colonne sur la base d’un plan d’expérience définit à partir du logiciel d’optimisation Fusion™ (S-Matrix®).

Compte tenu de la complexité du produit étudié, nous avons cherché à évaluer la capacité de la technique à séparer un grand nombre de composés (ou capacité de pics).
Nous nous sommes donc attachés à sélectionner les conditions opératoires conduisant au plus grand nombre de pics (unique paramètre étudié).Figure 1 Lipiodol

Figure 2 Lipiodol

Figure 3 Lipiodol

 

 

 

 

 

La méthode retenue à l’issue de l’optimisation (phase silice et co solvant acétonitrile) permet de séparer 33 composés en 5 minutes avec une résolution supérieure ou égale à 1.

Sur ces bases, la capacité de pics qui est définie comme le nombre maximal de pics pouvant être séparés avec une résolution donnée (ici 1.0) dans des conditions opératoires fixées peut être estimée à partir de l’expression3 :

Equation 1

 

 

 

N le nombre plateaux théoriques calculés à partir des derniers pics du chromatogramme,
Rs la résolution minimum souhaitée,
k’1 et k’n les facteurs de capacité des premiers et dernier pics respectivement.

Equation 2

Soit en prenant Rs = 1 et k’1= 0, k’n le facteur de capacité d’un pic qui sortirait en fin de gradient (à 5 minutes) et N= 133286 (efficacité moyenne sur les 8 derniers pics) :

La capacité de pics de la colonne dans ces conditions est donc estimée à 270.

En pratique, dans le cas de mélange complexes, on évalue le nombre maximal de pics pouvant être résolus à 30% de la capacité. Soit, dans notre cas, 80 pics.

Cela démontre la puissance potentielle de la méthode. On pourrait ainsi imaginer une analyse de différents lots de Lipiodol® en vue d’établir une bibliothèque avec un profil spécifique à chaque lot.

: Dictionnaire de l’Académie de médecine (consulté le 23 avril 2013). http://dictionnaire.academie-medecine.fr/?q=lipiodol%C2%AE
: L’huile iodée (Lipiodol®) en radiologie. Les premières années d’expérience : 1921-1931, Bruno Bonnemain, Revue d’histoire de la pharmacie,2000, Vol  88, N°328, p. 493-508.
3 : Chromatographies en phase liquide et supercritique, de R. Rosset, M. Caude et A. Jardy (Masson – 1991).

 

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