Quelle place pour la pharmacologie « in vivo »?

La pharmacologie est l’étude des mécanismes d’action des médicaments. Cela nécessite une connaissance et une compréhension des réponses induites par les médicaments et ce in vitro (modèles cellulaires) et in vivo (animaux entiers). 

Un groupe de travail s’est réuni afin d’expliquer pourquoi les études in vivo sont, de nos jours encore, absolument essentielles dans la découverte et le développement de nouveaux agents thérapeutiques. Le second objectif de leur article est de tenter de fournir des explications quant à la baisse constatée de pharmacologistes compétents en études in vivo

Les dernières décénnies ont été le théâtre d’avancées majeures en matière de compréhension de nombreuses maladies. Des médicaments adaptés ont ainsi pu être développés pour traiter toutes sortes de pathologies. Outre le traitement de maladies, des progrès ont également vu le jour dans le domaine du traitement des infections avec les antibiotiques, de la prévention avec les vaccins, et en chirurgie avec de nouvelles techniques mais surtout avec le développement de l’anesthésie. Toutes ces avancées ont été jalonnées d’études menées sur l’animal.

La biologie moléculaire in vitro joue un rôle prépondérant très en amont du développement d’un médicament. Elle est utilisée dans la phase dite de screening afin de cibler les candidats médicaments. Ces techniques de screening haut débit permettent l’économie de nombreux animaux en phase pré-clinique.

Toujours avec cet objectif de ne pas utiliser trop d’animaux de laboratoire au cours du développement pharmaceutique, des techniques de modélisation informatique sont utilisées afin de déterminer les molécules potentiellement actives ou potentiellement toxiques.

Mais toutes ces techniques ne sauraient remplacer l’utilisation du modèle animal. En effet, elles ne peuvent actuellement pas prédire quelle sera la réponse du médicament dans l’animal complet qui comprend, comme l’être humain, une combinaison d’influences génétiques, biochimiques, physiologiques, pathologiques et environnementales.

Pour élaborer les plans d’étude in vivo, l’industrie pharmaceutique doit disposer de pharmacologistes formés et expérimentés. Or il est de plus en plus difficile de trouver des scientifiques compétents dans ce domaine. Plusieurs raisons sont avancées dans l’article. La formation de tels spécialistes coûte chère puisque, lors des travaux pratiques, de nombreux animaux de laboratoire sont utilisés. De plus, il faut pouvoir trouver des enseignants eux-mêmes formés. Une seconde raison est avancée. Les étudiants ont des réticences à devenir pharmacologiste tant la pression actuelle contre l’utilisation des animaux de laboratoire est forte.

A la vue de toutes ces constatations, quel avenir y a-t-il pour les études in vivo ? Afin d’éviter de tragiques catastrophes sanitaires, les autorités règlementaires demandent de plus en plus de données concernant la sécurité et les effets non souhaités potentiels des nouvelles molécules mises sur le marché. Les industries pharmaceutiques ne sont pas prêtes à lancer des programmes de développement valant plusieurs millions de dollars sans passer par la case animal pour assurer la sécurité et l’efficacité de leurs molécules. Si les techniques de biologie moléculaire ont permis de recentrer l’utilisation des animaux de laboratoire plus tard dans le développement d’un médicament, il n’en reste pas moins que les techniques in vivo sont donc encore aujourd’hui un passage obligé.

Source : In vivo Pharmacology Training Group, The fall and rise in vivo pharmacology, Trends in Pharmacological Sciences, vol. 23, january 2002, n°1, p. 13-18.

http://acor.org/sgreene/hmsbeagle/html/content/120/notes/feature3.htm

 

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